Pour longtemps, la jeune génération était considérée comme insouciante et indifférente qui n’assume pas ses responsabilités. Or, la génération des millennials ne cesse de se battre contre ce stéréotype. La lutte des jeunes de par le monde pour l’environnement en est une parfaite illustration.
Les initiatives humanitaires lancées par des jeunes pour nettoyer les plages ou aider les gens en sont aussi des exemples frappants.
Le volontariat est un domaine difficile demandant beaucoup de patience et d’énergie bien entendu. Pour certains, le volontariat est une activité non rentable. Mais Hajar Mahmoud, une jeune égyptienne qui s’est lancée depuis un bon moment dans ce domaine n’est pas de cet avis. Selon elle, son travail dans le volontariat lui a appris qu’elle est capable de changer et aider son pays sans pourtant être un haut responsable. “Aider son pays n’est pas une mission des responsables uniquement, en tant que citoyens nous sommes capables de participer au développement de notre société et c’est ce que j’ai réussi à faire via le volontariat”, explique-t-elle au Progrès Egyptien.
Revenant un peu en arrière, Hajar raconte qu’elle s’est lancée dans le volontariat depuis qu’elle était étudiante. Au début, c’étaient des efforts individuels, elle travaillait toute seule, sans faire partie d’associations ou de groupes de charité. Elle a commencé avec ses amis et sa famille. “Le volontariat pour moi est le fait d’aider des personnes en besoin sans attendre un revenu”, indique-t-elle.
Plus tard, la jeune étudiante a travaillé dans un petit journal dans le gouvernorat d’Al-Minya. Au cours de son travail, elle s’intéressait aux villages les plus pauvres du gouvernorat. Dans un de ces villages, se souvient-elle, elle a trouvé des femmes qui avaient besoin de construire des toits pour leurs maisons, et des médicaments pour les membres de leurs familles. C’est ainsi que Hajar a commencé de chercher des donateurs dans sa famille et parmi ses amis afin de venir en aide de ces nécessiteux. Quelques mois plus tard, Hajar a appris qu’une des personnes qu’elle avait contactées, a informé l’association caritative Al Orman de la situation du village, qui à son tour a présenté de l’aide à ces villageois.
Son étape suivante était la capitale. Cette fois-ci Hajar a rejoint une équipe de volontaires au ministère de la Jeunesse et du Sport. “J’ai beaucoup appris de mon travail bénévole au ministère”, souligne-t-elle. “Au cours de mes actions de volontariat, poursuit-elle, j’ai appris que j’ai une responsabilité à assumer envers mon pays. C’est plutôt un devoir”. Selon elle, offrir de l’aide aux gens, c’est aussi offrir de l’aide au pays. En 2016, elle a entendu parler du programme “La Reine”. Il s’agit d’une sorte de compétition pour les initiatives humanitaires réalisées par les jeunes femmes arabes. Sans beaucoup penser, elle y a participé avec son initiative “Un pays humaniste” (Watan Ensani, en arabe) et qui était consacré aux habitants des cimetières. En fait, l’idée lui est venue d’une ancienne expérience. En 2014, elle réalisait avec ses collègues à la faculté un projet comparant les cimetières des riches à ceux des pauvres. Au cours de ce projet, elle a découvert que des familles entières vivaient dans des cimetières, et que certaines familles y vivaient depuis plus de 20 ans. “Ma fille est malade et je ne veux qu’une chambre au rez-de-chaussée”, une phrase que lui a dite une habitante des cimetières et qui résonne toujours dans ses oreilles. “C’est pourquoi j’ai décidé d’aider ces personnes à travers mon initiative”, raconte Hajar.
La très passionnée jeune Reine n’a pas perdu de temps et n’a épargné aucun effort, elle a tout de suite formé une équipe de travail. Ensemble, la jeune équipe a étudié les cas des habitants afin de décider les meilleurs moyens d’aide. Ce qui distingue cette initiative, c’est qu’il ne s’agit pas seulement de donner de l’argent ou offrir des services. Sa mission consiste d’abord à former les gens, les rendre plus actifs et dynamiques, et ce à travers la formation professionnelle, forger leurs personnalités que ce soit à travers des séjours culturels dans les différents gouvernorats du pays ou des ateliers de formation. Il lui a fallu une année pour présenter aux responsables du ministère son initiative à travers laquelle elle présentait déjà des aides aux habitants. Une fois que son projet a été adopté par le ministère, ce dernier a organisé plusieurs ateliers de travail en faveur des habitants des cimetières. Elle se souvient de quelques activités proposées, entre autres: un atelier d’initiation à l’informatique pour 30 jeunes filles et garçons âgés de 9 à 18 ans au ministère de la Jeunesse et du Sport, un séjour gratuit pour 50 jeunes à Louxor et Assouan afin de découvrir le pays et sa civilisation. Des ateliers de couture ont été aussi réalisés pour les femmes et pour la première fois une Foire de l’artisanat a été organisée aux cimetières pour vendre les produits de ces ateliers.
C’est pourquoi son initiative a été sélectionnée parmi 125 mille initiatives présentées par les différents pays arabes. 20 initiatives seulement se sont qualifiées pour la phase finale et l’initiative de Hajar a été sélectionnée comme la meilleure, lors d’une cérémonie aux Emirats Arabes Unis pour devenir ainsi la Reine d’Egypte de la responsabilité sociale pour 2019.
Toutefois, Hajar n’a aucune intention de se reposer, la jeune ambitieuse pense déjà aux futurs projets et comment aider de plus en plus de personnes.